Le choix du chômage

mardi 20 avril

Enquête sur la violence économique
Benoît Collombat et Damien Cuvillier
Editions Futuropolis

. « Et pour finir mon avertissement. Il n’est plus possible que cette lutte se poursuive indéfiniment. Le changement climatique et la menace qui pèse sur l’environnement nous mettent en danger de façon imminente et rendent d’autant plus urgente la nécessité d’un changement fondamental.
Rosa Luxemburg posait cette question : « Socialisme ou barbarie ? »
Aujourd’hui, la question est celle-ci : Le socialisme ou la mort ? »
Ken Loach. Préface.

Un livre d’économie politique en BD ce n’est guère courant. Celui-ci est une réussite pédagogique. Nous est proposé du solide, du sérieux, une enquête sociologique depuis 1945 jusqu’en 2020. Avec textes et dessins, un gros boulot pour disséquer les raisons du chômage et concomitamment l’incrustation sournoise du néo-libéralisme.

L’offensive idéologique fut concoctée dès 1947 dans la Société du Mont Pèlerin en Suisse. Les « pointures » du capitalisme étaient réunies pour contrer le keynésianisme de l’époque. Pas des moindres : Friedrich Hayek, Milton Friedman, Karl Popper,…
La persuasion clandestine, en quelques décennies, lentement, scrupuleusement changea les mentalités, le paradigme d’orientation et concrètement les politiques économiques en faveur de l’actionnariat au détriment du salariat.
Dès lors, les chômeurs furent jugés responsables et coupables de leur faible « employabilité ».

Le moment télévisuel emblématique de cette insidieuse perversion fut, en 1984 (après le tourneur de la rigueur piloté par Laurent Fabius), l’émission « Vive la crise », avec comme animateur-menteur, Yves Montand.

Les quelques pages et cases dessinées sur la période décisive 1981-1983, les conflits dans la gouvernement socialiste de l’époque, jusqu’au tournant libéral de 1983, la mise en scène du combat Chevènement contre Delors sont spécialement jubilatoires. Nous connaissons le gagnant.

L’union européenne, une machination pour détruire les souverainetés nationales
Les quelques pages abordant le théorie monétaire (« l’argent magique ») suppose pour saisir les enjeux, une attention soutenue. L’effort est payant.
L’union européenne, pas l’Europe, l’UE, c’est l’ordo-libéralisme, le néo-libéralisme , « fabrication du consentement « selon Barbara Stiegler.

L’UE est une étape vers l’édification d’un marché planétaire qui exige l’annihilation des souverainetés nationales. La biographie du « père le l’Europe » Jean Monet est bienvenue pour faire saisir les étapes de la déconstruction.
La trahison des représentants du peuple piétinant la volonté de 55 % des français refusant la constitution européenn, est dite et dessinée à la p. 232.

Un bon gros bouquin qui permet d’y voir clair. Le diagnostic est posé, c’est aux lecteurs d’écrire et d’acter la suite. Nous aurons le sort que nous méritons. Et nous méritons bien mieux que ce nous prépare l’asservissement au libéralisme.

Alain Véronèse.